Apprentissage des poissons salés et fumés pour l’amélioration du revenu des ménages

La transformation offre une valeur ajoutée aux poissons et en permet une bonne conservation. C’est pour cette raison que le Projet PANA-AFE a organisé une formation sur la salaison et la fumaison de poissons dans les villages ayant bénéficié de fermes piscicoles, dans toutes les quatre zones d’intervention. L’objectif est d’améliorer le revenu des ménages dont l’activité principale, l’agriculture, est affectée par les effets néfastes du changement climatique, avec l’activité piscicole et la vente des poissons salés et fumés.

« Avec la salaison et la fumaison, on évite d’abord la détérioration puisque les poissons frais ont manqué d’être vendus au moment de la pêche», explique Madame Jacqueline Kabanga Tshimanga, de l’ONG PROFEM et formatrice des ménages du village Mpunga, Province de Lomami. « Le poisson salé est avantageux car il se conserve plus longtemps et aura une valeur ajoutée permettant de le vendre à un coût plus élevé que le poisson frais », renchérit-elle.

« Les bitoyo (poissons salés) procurent de l’argent plus que les poissons frais : on vend cinq petits poissons frais à 3000 Francs Congolais, alors que cinq petits poissons bitoyo se vendent à 5000 Francs Congolais et on fait du bénéfice », témoigne Madame Fatuma Thérèse, Présidente de l’Association Mapendo des femmes de Kipopo dans la Province du Haut-Katanga.

Cette formation, qui n’a duré que deux jours, était à vocation pratique. Toutefois, quelques notions théoriques devaient précéder pour expliquer aux participants la valeur nutritionnelle du poisson, l’importance, les techniques et les matériels dont on doit disposer pour la transformation, le conditionnement et la commercialisation de poissons.

Pêche dans les étangs de Kipopo, Province du Haut-Katanga, pour la formation pratique sur la transformation de poissons

Dans la partie pratique, les participants, hommes et femmes, ont procédé à la capture, écaillage, éviscération, salaison, séchage et fumaison proprement dits de poissons. Les poissons à transformer ont été capturés dans les étangs des différents villages : Kizansanzi au Kongo central, Mpunga à Lomami et Kipopo dans le Haut-Katanga.

« Nous avons des étangs dans notre village ; lors de leur vidange, nous gardons parfois des poissons à la maison jusqu’à se détériorer sans pouvoir faire quelque chose », témoigne Madame Thérèse Mvuezolo du village Kizansanzi, Province du Kongo central. « Mais grâce à cette formation sur la transformation de poissons, je sais dorénavant comment les conserver après vidange des étangs; je suis vraiment dans la joie », renchérit-elle.

Le poisson est l’aliment le plus consommé en milieu rural ; la viande n’est consommée que lors de grands événements tels que la première communion des enfants, le mariage, etc. Avec ce savoir, les femmes peuvent transformer non seulement les poissons capturés des étangs de leurs villages, mais, puisqu’elles sont réunies en associations, elles peuvent aussi acheter des poissons congelés appelés chinchards ou thomson, les saler, les sécher ou les fumer pour vendre, tellement la demande est forte. « Notre association Shamba la umoja a pris la décision de construire deux fours et faire fabriquer six claies pour le séchage et le fumage avec l’aide de notre formateur.  Nous pouvons commencer avec un carton de thomson ; nous augmenterons progressivement la quantité lorsque nous verrons que le marché est bon. Soyez rassurés que d’ici quelques mois, nous aussi nous constituerons le capital pour nous lancer dans le voyage de Dubaï », confie Madame Beatrice Chekanabo, Présidente de l’Association Shamba la umoja du village Kasamba, Province du Haut-Katanga.

Notons que des représentants des autres villages bénéficiaires du projet étaient conviés à la formation, bien que n’ayant pas bénéficié des étangs piscicoles. Cette formation les a stimulés à aménager des étangs dans leurs villages respectifs dans un futur proche. Ils devront recourir aux villages appuyés par le projet PANA-AFE pour l’aménagement des fermes piscicoles en vue de se procurer les alevins, et ainsi se lancer dans l’élevage de poissons pour diversifier les activités génératrices de revenus pour s’adapter aux effets néfastes des changements climatiques sur l’agriculture.

PANA

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