Construction d’un quai d’accostage de pirogues à Nsiamfumu, un investissement d’adaptation aux changements climatiques

Nsiamfumu, un grand village de pêcheurs situé à environ 14 kilomètres de la cité de Moanda dans la province du Kongo Central, bénéficie de la construction d’un quai d’accostage de pirogues. C’est l’Administrateur du Territoire de Moanda qui a procédé à la pose de la première pierre marquant le  démarrage des travaux le mercredi  13 mars 2019. Lesdits travaux sont prévus pour une durée de 7 mois et sont exécutés par l’entreprise GENERAL CONSULT. Cet ouvrage rentre dans le cadre de la mise en œuvre des activités du projet de renforcement de la résilience des communautés de Moanda à l’érosion côtière en République Démocratique du Congo, PANA-Zone côtière.

En effet, les activités humaines constituent l’une des causes de l’érosion côtière à côté de l’élévation du niveau de la mer et de la dynamique de l’Océan Atlantique. Les pêcheurs également contribuent à éroder le sol au moment de l’accostage et de l’amarrage de leurs pirogues. Une fois au large, ils poussent leurs pirogues pour les placer à la plage qui leur sert de port. Ces gestes quotidiens, combinés à la nature sablonneuse du sol dans cette partie du pays et aux mouvements des vagues de l’Océan, provoquent des érosions à la côte.

Chaque année, l’Océan gagne 1 à 2 mètres du continent au niveau du village Nsiamfumu. Les bandes de terre sont emportées par les vagues, exposant ce grand village au risque de disparition et d’engloutissement par l’océan. Des résidences et autres arbres qui se trouvaient dans un rayon de 30 mètres, il y a 30 ans, n’existent plus à en croire les autochtones. D’où les investissements d’adaptation, comprenant des revêtements de plage, permettront de réduire la gravité de l’impact de l’érosion sur les communautés.

Le quai est un dispositif permettant le chargement et le déchargement de passagers et de biens au bord d’une étendue d’eau. Il s’agit d’une levée ordinairement revêtue de pierres, au bord du bassin d’un port ou sur les rives d’une rivière, d’un canal, d’un lac, et destinée à retenir les berges ou à faciliter l’accostage. Dans le cas du projet PANA-Zone côtière, le quai d’accostage est un investissement dans la défense et la surveillance côtière. C’est une des mesures d’adaptation urgentes et immédiates en faveurs des communautés côtières de Nsiamfumu, l’un des sites d’intervention du projet, afin de réduire les effets simultanés de plusieurs risques climatiques.

Mur en gabion servant à protéger le quai d’accostage et la falaise de Nsiamfumu, Moanda

L’ouvrage comprendra un mur à gabion de 125m de longueur, un mur de soutènement en maçonnerie de moellons  de 880m de longueur dont 440m de chaque côté,  avec une pente de 8 degré pour recevoir le déferlement des vagues, un quai d’accostage de 63 mètres de longueur, un marché de poissons, un bureau d’administration et les sanitaires. La situation souhaitée dans le contexte du changement climatique est que la région de Moanda développe de nouveaux systèmes de gestion côtière et que la protection de la zone côtière soit effective et efficace afin de minimiser la perte de vie, des dommages économiques et la destruction des habitats. Aussi, la construction de ce quai d’accostage de pirogues à Nsiamfumu permettra-t-elle de lutter contre l’érosion côtière en même temps qu’elle permettra aux pêcheurs d’accoster leurs pirogues en toute sécurité.

 

L’Entreprise GENERAL CONSULT travaille avec la main d’œuvre locale et se réjouit de l’implication des jeunes du village dans les travaux de stabilisation de la falaise. En dehors des jeunes de Nsiamfumu, un autre groupe de jeunes œuvrant  dans ce chantier vient de Moanda ville et de Boma. Monsieur Simon LOMBO, Chef du village vista dans le groupement NSIAMFUMU s’explique: « Je suis très content car la Société GENERAL CONSULT a recruté les jeunes du village qui trainaient sans rien faire et leur a donné un travail. A la fin de chaque semaine, ils gagnent quelque chose qui leur permet de survivre. »

Néanmoins, quelques difficultés sont relevées par le prestataire de mise en œuvre de ces travaux entre autres le ravitaillement des moellons suite à l’état de la route qui relie la carrière au site des travaux, l’impossibilité de travailler pendant la marée haute, ce qui ne permet pas d’achever le travail prévu par jour et l’évacuation des immondices, un travail supplémentaire qui n’était pas prévu par le prestataire car ce site constituait une poubelle par excellence pour la plupart des habitants qui longent la côte . Notons que les moellons utilisés dans les travaux de construction du quai d’accostage sont fournis par la Société Chinoise GREC 7 qui exploite une carrière vers la ville de Boma, située à environ 100 kilomètres de Moanda.

PANA

Laisser un commentaire

*

*