Le Groupement de femmes du village Nkatabusongo transforme le manioc en farine panifiable et en micro-cossettes

Le groupement de femmes « Débout Nkatabusongo » du village Nkatabusongo, localisé à 30km de la ville de Kikwit, province du Kwilu, a reçu un certain nombre d’unités de transformation de produits agricoles du projet PANA-AFE pour l’amélioration des revenus de ses membres et leur permettre de subvenir aux besoins de leurs ménages respectifs. Il s’agit entre autres d’une machine râpeuse-trancheuse de tubercules de manioc, d’une presse semi-hydraulique pour essorer le manioc après rouissage, d’un moulin mixte manioc-maïs, et d’une égraineuse de maïs. Toutes ces unités constituent les éléments essentiels d’un centre de transformation du manioc et du maïs qui sont les principaux aliments des communautés dans le Kwilu. « Débout Nkatabusongo » bénéficie de l’encadrement de CORIDEK, « Collectif des organisations pour le développement intégré de la rive droite du Kwilu », Structure qui œuvre déjà depuis quelques années dans la production et la transformation des produits agricoles dans le Kwilu.

Mme Géneviève MUNENE et M. KASIAMA démontrant le processus de transformation du manioc en micro-cossette et en farine panifiable/ Village Nkatabusongo/ Kwilu
Mme Géneviève MUNENE et M. KASIAMA démontrant le processus de transformation du manioc en micro-cossette et en farine panifiable/ Village Nkatabusongo/ Kwilu

Le processus de transformation du manioc commence après la récolte. Les cossettes de manioc épluchées (pelées) et nettoyées sont broyées d’une part avec la râpeuse pourla production de la farine panifiable et de l’autre côtéavec la trancheuse pour obtenir les micro-cossettes.

Après le râpage, le manioc est séchée au soleil au cours d’une journée puis moulu: c’est la farine panifiable qu’on peut utiliser pour la fabrication de pains, de beignets et de tout produit de la pâtisserie. Pour la fabrication de pain, a dit Madame Géneviève MUNENE, Coordonnatrice de CORIDEK, on utilise 50% de farine panifiable à côté de 50% de farine de blé; pour le beignet, on recourt à 80% de farine panifiable contre 20% de farine de blé. Ceci permet donc de minimiser l’apport la farine de blé qui est importée et qui coûte cher.

Lorsqu’on tranche les tubercules, on obtient les micro-cossettes, que l’on place immédiatement après dans des bacs pour rouissage où elles sont trempées à l’eau propre pendant 2 jours afin de les ramollir et les débarrasser de l’acide cyanhydrique qui provoque des maladies telles que le goitre et le « konzo ». Au sortir du bac, on les essore avec la presse hydraulique qui élimine plus de 80% d’eau et accélère le séchage.L’étape suivante est le séchage sur des claies, puis la mise en sacs pour la commercialisation. Le processus de transformation du manioc qui pouvait prendre 2 semaines avec la technique traditionnelle, se réalise en 5 jours en utilisant la râpeuse-trancheuse.

Le découpage des tubercules de manioc en micro-cossettes offre plusieurs avantages par rapport aux cossettes produites de manière traditionnelle. En effet, le temps de rouissage et de séchage est écourté; le séchage est complet, évitant des moisissures; le manioc garde sa blancheur; il ne sent pas; et on le commercialise à un prix élevé: un sac de 70kg de micro-cossettes revient à 35$ US alors que 100kg de cossettes traditionnelles coûtent 20$ US. Cette procédure permet donc à la femme paysanne de gagner plus en moins de temps.L’augmentation du revenu de la femme est alors effective et est ressentie dans l’amélioration de l’état nutritionnel du ménage et dans sa capacité à scolariser ses enfants.

Notons que les unités de transformation apportées par le projet PANA-AFE sont des biens appartenant à la communauté; leur gestion est une affaire de tous et le bénéfice doit être partagé entre tous. Pour ce faire, « Débout Nkatabusongo » encourage tous les ménages du village à apporter leurs cossettes à la transformation pour obtenir une plus-value. Mais pour l’entretien et la maintenance des engins,ainsi que pour alimenter la caisse, on retient 20% du produit agricole transformé de chaque ménage pour le compte du groupement; ce qui permet de lutter contre l’attentisme et amène au développement. Un exemple de développement communautaire à suivre.

PANA

Laisser un commentaire

*

*