Erosion côtière: l’A.T. de Muanda interdit l’extraction de graviers le long de l’océan

Architecture de protection à la pointe de Banana/Kongo Central
Architecture de protection à la pointe de Banana/Kongo Central

La côte de Muanda est fortement menacée avec la remontée du niveau des eaux de l’océan suite aux changements climatiques, qui par ailleurs amplifient la dynamique océanique. Ainsi, le déferlement des vagues sur la côte entraine l’éboulement des falaises et les glissements de terrains. La perte des propriétés foncières qui en résulte entraîne de graves conséquences socio-économiques au niveau de Muanda. La biodiversité du parc marin de mangrove est également affectée, particulièrement par des inondations récurrentes liées aux marées hautes et aux crues du fleuve Congo.

Ces phénomènes sont aggravés par des activités anthropiques notamment la déforestation, l’occupation anarchique du trait littoral ainsi que l’extraction des moellons destinés à la protection de la côte. Quant à cette dernière, faute d’un substrat rocheux apparent à Muanda pour permettre éventuellement l’installation des carrières pour la production des moellons et de la caillasse, utiles aux travaux de maçonnerie, la communauté s’attaque aux moellons déposés jadis le long de la côte. Pourtant, ces infrastructures de protection servent à atténuer l’intensité des vagues et protègent ainsi l’espace continental, comme on en trouve encore au niveau de la pointe de Banana.

Face à la dégradation des infrastructures de protection côtière suite à l’extraction des moellons par des inciviques, et prenant conscience de la gravité de la situation et de tous les risques dus à l’érosion côtière, l’autorité politico-administrative, l’Administrateur du Territoire, a par deux communiqués officiels, interdit l’extraction formelle des graviers le long de l’océan. Le premier communiqué date du 6 mars 2012 et s’applique à la zone s’étalant entre la résidence du PAD/SOCIR jusqu’à l’embouchure du fleuve Congo. Le deuxième communiqué concerne particulièrement les sites de Thadila et de Vista Nsiamfumu. Ce dernier communiqué signé en date du 29 décembre 2014 est entré en vigueur à partir du 1er janvier 2015. En application de cette décision, l’Administrateur du Territoire avait instruit les Commandants de la 3ème et 14ème région Groupement Naval de Banana ainsi que le Chef de service de Mines et Géologies de veiller à l’exécution de ces communiqués qui valent instruction permanente.

Cette mesure démontre la volonté et l’implication de l’autorité administrative dans la lutte contre l’érosion côtière. Mais les communautés sont, pour la plupart, ignorantes de cette mesure. A cet effet, il est requis qu’une campagne de sensibilisation associant les médias communautaires soit menée afin de vulgariser ces communiqués et booster un changement transformationnel de comportement des communautés.

Equipe PANA

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